La réforme de la facturation électronique impose que les factures B2B circulent dans un format structuré : Factur-X, UBL ou CII. Pour un dirigeant de TPE, ces sigles sont l'aspect le plus intimidant de la réforme — et paradoxalement celui qui demandera le moins d'effort, à condition de comprendre trois choses.
Au sommaire
1. Pourquoi votre PDF actuel ne suffit plus
Un PDF classique est fait pour être lu par un humain. L'administration et les logiciels comptables, eux, veulent des données : montant HT, TVA, SIREN du client, date d'échéance… exploitables automatiquement, sans ressaisie ni erreur de lecture.
Une « facture électronique » au sens de la réforme, ce n'est donc pas « une facture envoyée par voie électronique ». C'est une facture qui remplit deux conditions :
- elle contient des données structurées dans un des trois formats reconnus ;
- elle transite par une plateforme agréée, pas par votre boîte mail.
2. Les 3 formats acceptés, comparés
| Format | Nature | Lisible par un humain ? | Pour qui, en pratique |
|---|---|---|---|
| Factur-X | Hybride : PDF + données XML intégrées | Oui — s'ouvre comme un PDF normal | TPE, indépendants, artisans — le plus répandu en France |
| UBL | XML pur (norme internationale) | Non — fichier de données brut | Échanges automatisés entre systèmes, contexte international |
| CII | XML pur (norme ONU/CEFACT) | Non — fichier de données brut | Grandes organisations, flux inter-entreprises industrialisés |
Les trois formats sont juridiquement équivalents dans la réforme : ce qui compte, c'est que les données obligatoires y figurent et que le fichier transite par une plateforme agréée. Les plateformes savent d'ailleurs convertir d'un format à l'autre — si votre client travaille en UBL et vous en Factur-X, la conversion se fait dans le circuit, sans intervention de votre part.
3. Factur-X : le format des TPE
Factur-X mérite un arrêt, car c'est très probablement celui que vous utiliserez. Développé conjointement par la France et l'Allemagne (où il s'appelle ZUGFeRD), c'est un format hybride :
- en surface, un PDF/A : votre facture, visuellement identique à celle d'aujourd'hui, que vous et votre client pouvez ouvrir, lire, imprimer, archiver ;
- à l'intérieur, un fichier XML invisible contenant toutes les données de la facture, que les logiciels et l'administration lisent automatiquement.
4. Qui fabrique le fichier ? (pas vous)
C'est le point le plus mal compris de la réforme : vous n'aurez pas à créer ces fichiers vous-même. Le format conforme est généré par :
- votre logiciel de facturation, s'il est à jour (la plupart des éditeurs intègrent Factur-X) ;
- ou directement votre plateforme agréée, si vous saisissez vos factures dans son interface.
Votre rôle se limite à deux vérifications : que votre outil génère bien un format conforme, et que les données obligatoires sont correctement renseignées dans vos fiches clients (SIREN notamment). Le choix de l'outil est traité dans notre guide choisir sa plateforme agréée.
5. Les données que la facture devra contenir
Le format structuré s'accompagne de nouvelles mentions obligatoires, qui alimentent la couche de données :
- le numéro SIREN de votre client professionnel ;
- la catégorie de l'opération : livraison de biens, prestation de services, ou mixte ;
- l'adresse de livraison si elle diffère de l'adresse de facturation ;
- l'option de paiement de la TVA sur les débits, le cas échéant.
Et si vous êtes en franchise en base de TVA, la mention évolue au 1er septembre 2026 : « TVA non applicable, article L.223-3 du CIBS » remplace la référence à l'article 293 B du CGI (les deux restent acceptées pendant la transition). Détail complet dans le guide des auto-entrepreneurs.
6. Ce que vous devez vérifier, concrètement
- Demander à votre éditeur de logiciel : « générez-vous du Factur-X (ou UBL/CII) conforme à la réforme française ? » — par écrit.
- Vérifier que l'outil est raccordé à une plateforme agréée (ou en est une) : le format sans le circuit ne suffit pas.
- Compléter vos fiches clients avec leur SIREN dès maintenant — c'est la donnée manquante n° 1.
- Mettre à jour vos modèles de factures avec les nouvelles mentions.
- Ne rien payer pour un « convertisseur Factur-X » isolé : la conversion est incluse dans les plateformes.
Concrètement, laquelle choisir ?
Indy, Pennylane, Tiime, Qonto, Sage, Cegid, Sellsy : offre gratuite, tarif d'entrée et statut d'immatriculation comparés. Données vérifiées à la source DGFiP — quatre de ces plateformes ont une offre à 0 €.
Voir le comparatif des 7 plateformes →Le tableau des mentions est dans le kit
Le kit inclut le tableau des 4 nouvelles mentions avec exemples concrets, la checklist de conformité en 22 tâches et le comparatif des plateformes. Conçu neutre, sans logiciel à vous vendre.
7. Questions fréquentes
Factur-X, c'est quoi en une phrase ?
Un PDF normal qui contient en plus, invisiblement, toutes les données de la facture dans un fichier XML lisible par les logiciels — le meilleur des deux mondes pour une petite entreprise.
Dois-je choisir entre Factur-X, UBL et CII ?
Rarement. Votre logiciel ou votre plateforme choisit pour vous (Factur-X dans la grande majorité des cas pour les TPE), et les plateformes convertissent entre formats si nécessaire.
Mes factures aux particuliers doivent-elles être en Factur-X ?
Non. L'obligation de format ne concerne que les factures B2B domestiques. Vos ventes aux particuliers relèvent de l'e-reporting (transmission de données), pas de l'e-invoicing.
Une facture papier reste-t-elle possible ?
Pour vos clients professionnels français, non — à partir de votre échéance d'émission, le circuit électronique via plateforme agréée devient la règle. Pour les particuliers, la facture papier ou PDF reste possible.
Qu'est-ce que le PDF/A ?
Une variante du PDF conçue pour l'archivage long terme (polices intégrées, pas de contenu externe). C'est la base « lisible » du Factur-X ; votre logiciel s'en occupe.
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